Il y a des jours où la lecture des catalogues de formation professionnelle me donne une profonde sensation de vertige, pour ne pas dire une colère froide. Depuis que la certification Qualiopi est devenue le sésame obligatoire pour obtenir des financements publics, on assiste à une standardisation effrayante de la formation des élus du personnel. Des dizaines d'organismes, opportunistes de la première heure, se sont engouffrés dans la brèche pour vendre ce que j'appelle de la prévention sur étagère. Des modules standardisés, des diaporamas interminables récités par des animateurs qui n'ont jamais mis les pieds dans un atelier ou un bureau de vote, et des questionnaires à choix multiples ridicules pour valider des compétences purement théoriques.
Cette marchandisation de la santé au travail est un drame silencieux. On fait croire aux élus qu'en passant trois jours derrière un écran à regarder des diapositives sur les articles du Code du travail, ils seront armés pour faire face à des situations de détresse psychologique, à des réorganisations brutales ou à des risques industriels majeurs. C'est un mensonge éhonté. La prévention des risques professionnels n'est pas une science exacte que l'on peut condenser dans un guide de bonnes pratiques standardisé. C'est une matière vivante, complexe, éminemment politique, qui exige une confrontation permanente avec le réel.
Comment peut-on décemment former un élu du CSE aux risques psychosociaux sans interroger l'organisation du travail spécifique de son entreprise ? Comment peut-on lui apprendre à mener une inspection de sécurité sans le confronter à des situations de travail concrètes, à des bruits de machines, à des postures contraignantes, à des non-dits managériaux ? Ces formations low-cost, souvent vendues à grands coups de techniques marketing agressives, ne servent qu'à une chose : donner bonne conscience à l'employeur qui coche la case de son obligation légale de formation, tout en laissant les représentants du personnel désarmés face à leurs responsabilités.
Il est temps de dire stop à cette mascarade pédagogique. Un bon formateur en santé au travail n'est pas un conférencier qui récite la loi, c'est un praticien du droit, un ergonome, un ancien syndicaliste ou un préventeur qui a usé ses semelles sur le carrelage des usines et la moquette des open spaces. Il doit être capable de bousculer les certitudes, de susciter le débat, de s'adapter aux tensions internes de l'entreprise et de proposer des solutions sur-mesure. La santé et la vie des salariés méritent mieux que des diaporamas standardisés et des formations au rabais conçues par des financiers de la formation continue. Si vous voulez éviter ces pièges, je vous invite à consulter mon classement indépendant des meilleures formations CSE en France, où je sépare le bon grain de l'ivraie sans complaisance.
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